Qu’est-ce que la reconstruction mammaire ?
La reconstruction mammaire est une intervention chirurgicale qui permet de recréer un volume et une forme de sein après une mastectomie, le plus souvent réalisée dans le cadre d’un cancer du sein. Il n’existe pas une seule technique, mais plusieurs approches chirurgicales, chacune avec ses indications, ses contraintes et ses suites opératoires propres.
Trois grandes familles de techniques sont utilisées aujourd’hui : le lipofilling (transfert de graisse), la reconstruction par prothèse mammaire, et la reconstruction par lambeau — cette dernière se déclinant elle-même en deux techniques principales, le DIEP (tissu du ventre) et le lambeau du grand dorsal (tissu du dos). Le lipofilling est aujourd’hui la technique la plus fréquemment employée, seule ou en complément d’une autre approche. Le choix définitif dépend de critères médicaux précis — morphologie, traitements déjà reçus, état des tissus, souhaits de la patiente — et se décide toujours en consultation avec le chirurgien.
La reconstruction par lipofilling
Le lipofilling (ou transfert graisseux) consiste à prélever de la graisse sur une autre zone du corps (ventre, cuisses, hanches) par une technique proche de la liposuccion, puis à la réinjecter au niveau du sein pour en recréer le volume et le galbe.
Ce qu’il faut savoir :
- Technique la plus fréquemment utilisée aujourd’hui en reconstruction mammaire
- Aucune prothèse ni lambeau : uniquement les tissus propres de la patiente
- Intervention généralement moins invasive, sans grande cicatrice supplémentaire
- Nécessite le plus souvent plusieurs séances espacées de quelques mois pour obtenir le volume souhaité, une partie de la graisse injectée pouvant se résorber
- Particulièrement adaptée aux reconstructions partielles, aux petits volumes, ou en complément d’une prothèse ou d’un lambeau pour affiner le résultat
- Peut ne pas suffire seule lorsque le volume à reconstruire est important ou lorsque la qualité de peau restante est insuffisante
Cette technique est de plus en plus proposée en première intention lorsque la quantité de graisse disponible et le volume à reconstruire le permettent, en raison de sa moindre invasivité.
La reconstruction par prothèse mammaire
La reconstruction par prothèse consiste à recréer le volume du sein à l’aide d’un implant mammaire, positionné sous le muscle grand pectoral ou dans un plan pré-pectoral selon les cas.
Ce qu’il faut savoir :
- Intervention généralement plus courte que les techniques par lambeau
- Peut nécessiter une expansion tissulaire préalable (pose d’un expandeur gonflé progressivement sur plusieurs semaines) lorsque la peau restante est insuffisante
- Ne prélève aucun tissu ailleurs sur le corps
- Nécessite un suivi à long terme, une prothèse n’étant pas un dispositif à vie
- Techniquement plus simple, avec un temps opératoire et une hospitalisation généralement plus courts qu’un lambeau
Cette option est souvent envisagée lorsque la qualité de peau restante le permet et en l’absence de radiothérapie déjà réalisée sur la zone, la radiothérapie pouvant fragiliser les tissus et augmenter le risque de complications autour d’un implant.
La reconstruction par lambeau
Lorsque le lipofilling ou la prothèse ne sont pas adaptés à la situation, une reconstruction par lambeau peut être envisagée : elle consiste à utiliser un tissu propre de la patiente, prélevé avec sa vascularisation, pour recréer le sein. Deux techniques principales existent.
Le lambeau DIEP
Le DIEP (Deep Inferior Epigastric Perforator flap) est une technique de microchirurgie qui utilise la peau et la graisse du bas-ventre, prélevées avec leurs vaisseaux sanguins, pour reconstruire le sein — sans sacrifier le muscle abdominal.
- Reconstruction avec les propres tissus de la patiente
- Nécessite une microchirurgie pour reconnecter les vaisseaux sanguins du lambeau
- Intervention plus longue, avec une hospitalisation généralement plus importante qu’une reconstruction par prothèse ou par lipofilling
- Laisse une cicatrice au niveau du bas-ventre, comparable à celle d’une abdominoplastie
- Ne nécessite pas de remplacement à long terme, contrairement à une prothèse
Le lambeau du grand dorsal
Le lambeau du grand dorsal utilise du muscle, de la graisse et de la peau prélevés dans le dos, tunnelisés jusqu’à la région thoracique pour recréer le volume mammaire, généralement en complément d’une prothèse ou d’un lipofilling lorsque le volume prélevé seul est insuffisant.
- Technique fiable, avec un apport de tissu vascularisé propre qui améliore la qualité de la couverture cutanée
- Souvent associée à une prothèse ou à du lipofilling pour obtenir un volume suffisant
- Cicatrice au niveau du dos, généralement dissimulée sous les vêtements
- Peut entraîner une sensation de tension ou une légère perte de force au niveau de l’épaule concernée, variable selon les patientes
Cette option est notamment envisagée lorsque la peau thoracique est de mauvaise qualité (après radiothérapie par exemple) mais que le tissu abdominal n’est pas disponible ou suffisant pour un DIEP.
Tableau comparatif des techniques de reconstruction
Critère | Lipofilling | Prothèse | Lambeau (DIEP / grand dorsal) |
Origine du volume | Graisse propre transférée | Implant | Tissu abdominal (DIEP) ou dorsal (grand dorsal), propre à la patiente |
Fréquence d’utilisation | Technique la plus fréquente | Fréquente | Réservée aux situations plus complexes |
Nombre de séances | Souvent plusieurs séances | Une intervention principale (± expansion) | Une intervention principale, plus lourde |
Cicatrice supplémentaire | Minime (zone de prélèvement) | Aucune | Bas-ventre (DIEP) ou dos (grand dorsal) |
Suivi à long terme | Pas de dispositif à surveiller | Surveillance de l’implant | Pas de remplacement nécessaire |
Indication après radiothérapie | Possible selon les cas | Moins favorable | Souvent recommandée (DIEP) |
Ce tableau est une synthèse générale : le choix définitif repose toujours sur un examen individuel et une discussion avec le chirurgien.
Quelle technique choisir selon votre situation ?
Il n’existe pas de technique universellement « meilleure » : le choix dépend de plusieurs éléments évalués en consultation, notamment le volume à reconstruire, la quantité de graisse ou de tissu disponible, l’historique de traitement (chimiothérapie, radiothérapie), et les souhaits personnels concernant le nombre d’interventions, les cicatrices et le temps de récupération.
Le Dr Alexandre Vairinho évalue chaque situation individuellement, en lien avec l’équipe oncologique, pour proposer la ou les techniques les plus adaptées — y compris des combinaisons (lipofilling en complément d’une prothèse ou d’un lambeau, par exemple). Plusieurs options peuvent être présentées lors de la consultation, avec leurs avantages et leurs limites respectifs.
Suites opératoires et récupération
Les suites opératoires varient selon la technique retenue : le lipofilling et la reconstruction par prothèse impliquent généralement une récupération plus rapide qu’une reconstruction par lambeau, qui nécessite une convalescence plus longue du fait du prélèvement tissulaire et, pour le DIEP, de la microchirurgie réalisée.
Dans tous les cas, un suivi post-opératoire régulier est mis en place, et les résultats définitifs ne peuvent être appréciés qu’après plusieurs mois, voire après plusieurs séances pour le lipofilling. Comme pour toute intervention chirurgicale, des risques et complications sont possibles (infection, problème de cicatrisation, résorption partielle de la graisse transférée, échec partiel du lambeau) et sont détaillés en consultation.
Consultation avec le Dr Alexandre Vairinho
Une consultation préalable est indispensable avant toute reconstruction mammaire. Elle permet d’examiner la situation médicale de la patiente, de présenter les techniques envisageables et leurs implications respectives, et de répondre à toutes les questions. Un délai de réflexion réglementaire est ensuite respecté avant toute intervention.
Le Dr Alexandre Vairinho reçoit en consultation à Paris 7e, à la Clinique des Martinets à Rueil-Malmaison, et à Saint-Maur-des-Fossés.
FAQ
Vos questions sur le lipœdème
Le lipofilling peut-il suffire à lui seul pour reconstruire un sein entier ?
Cela dépend du volume à reconstruire et de la quantité de graisse disponible chez la patiente. Pour de petits volumes ou des reconstructions partielles, le lipofilling seul peut suffire ; pour des volumes plus importants, il est souvent associé à une prothèse ou à un lambeau.
Peut-on changer de technique en cours de parcours de reconstruction ?
Oui, certaines patientes commencent par un lipofilling ou une prothèse puis optent secondairement pour un lambeau, ou inversement, selon l’évolution de leur situation et de leurs souhaits. Cela se discute à chaque étape avec le chirurgien.
Une reconstruction par lambeau laisse-t-elle deux zones de cicatrices ?
Oui, un lambeau implique nécessairement une cicatrice sur la zone de prélèvement (ventre pour le DIEP, dos pour le grand dorsal) en plus de celle du site de reconstruction.
Faut-il attendre la fin des traitements oncologiques pour envisager une reconstruction ?
Cela dépend du type de reconstruction (immédiate ou différée) et du protocole oncologique. Ce point est décidé en concertation avec l’équipe oncologique et le chirurgien reconstructeur.
Is breast reconstruction covered?
La prise en charge dépend du contexte médical, de la technique retenue et de la nomenclature des actes en vigueur. Ce point doit être vérifié au cas par cas avec le secrétariat et votre organisme de sécurité sociale/mutuelle.
Combien de séances de lipofilling sont généralement nécessaires ?
Le nombre de séances varie selon le volume à reconstruire et la réponse individuelle de chaque patiente ; il est évalué et adapté au fil du suivi en consultation.
Cet article a une vocation strictement informative et ne saurait se substituer à une consultation médicale. Toute intervention de chirurgie esthétique nécessite une consultation préalable avec un chirurgien plasticien qualifié, ainsi qu'un délai de réflexion réglementaire. Les résultats varient selon chaque patient et aucun résultat ne peut être garanti.


